Innovation du développement durable: évitez le naufrage !

L’un des avantages de sillonner entre les grandes entreprises, les administrations, chambres consulaires, PME et grandes écoles réside dans le poste d’observateur privilégié inhérent à la position du « consultant ». Comparable un navigateur qui arpente les mers et les océans, ce rôle procure une position de recul permettant l’analyse et la critique du milieu tout en obligeant à se confronter aux éléments et condition particulières pour avancer. Après quelques milles parcourues entre tempêtes et accalmies temporaires dans cet « écosystème DD » français, le constat est tout aussi terne que les 5 gyres de plastiques qui couvrent la planète eau. Le développement durable en France est malade pourtant il en sortira plus performant. navi2

Pas de french bashing ! Mais…

Nous n’allons pas cracher dans la soupe et encore moins tirer à boulets rouges sur les avancées et résultats obtenus sur cette dernière décennie en France. La prise de conscience de enjeux environnementaux est bien ancrée et continue de progresser tant dans les entreprises que dans les foyers. Les villes et administrations territoriales se préoccupent de plus plus en plus des leurs engagements signés et responsabilités globales, bien que parfois la charte d’Aaloborg semble un lointain souvenir. Meux, l’économie circulaire à fait son entrée à l’assemblée nationale et est inscrite un grande lettres dans la loi sur transition énergétique. Alors pourquoi ne se satisfaire d’un léger mais salutaire Cocorico pour une fois plutôt que de se flageller par habitude. Essayons, au pire ça fait du bien.
Non, le problème est bien plus grave malheureusement. Le péril qui guette cet « écosystème DD » concerne l’asphyxie par appauvrissement du milieu, comme tout écosystème privé de biodiversité.

Responsable mais pas coupable

Cette phrase assénée après des actes odieux en santé publique puis en destruction de l’environnement devrait finir sa carrière d’utilité dans un musée pour publicité du 20e siècle, pourtant elle a toujours droit de citer.
Tout d’abord laissons coté les grands efforts de greenwashing déployés ici et là par des grandes entreprises, des collectivités locales ou des entrepreneurs peu convaincants. Ces pratiques mériteraient une édition spéciale du Quid mais elles ne sont pas la cause de l’appauvrissement de « l’écosystème DD »; bien au contraire elles en sont la conséquence. En effet, l’appauvrissement de la capacité d’innovation d’un écosystème n’incite pas à tendre vers des usages différents pour les acteurs de cet écosystème. Pourquoi changer de pratiques si elles ne procurent aucun avantage et n’engendre que des complications?
C’est donc un fait, l’écosystème du développement durable s’appauvrit en France. Deux causes majeures favorisent cette asphyxie:
– La prédominance offerte par les réglementations aux très grandes entreprises renforcée par leurs capacité marketing en matière de responsabilité sociétale.
-Le fonctionnement en vase (très) clos des organismes et entités qui pensent le développement durable et la RSE.

Chacun entretenant à sa manière ces gyres de la conception du développement durable. Un mécanisme confortable et sécurisant qui ne profite que trop peu à l’avancée des démarches vers l’innovation en développement durable. Évidemment, comme elle est base commune de tout et ressource vitale c’est la biosphère qui pâtit le plus de cet immobilisme. Pourtant il apparaissait qu’un jour on ait dit en France: « on a pas de pétrole mais on a des idées ». Cela devait être au 20e siècle …

Un souffle nouveau ou une grande marée se propage

La vie trouve toujours son chemin, n’en déplaise à ceux qui se sentirons affublés d’appartenance au Jurassic park.
Comme dans tout écosystème en péril d’asphyxie les solutions se développe d’abord à la marge, l’innovation germe hors des sentiers battus. Rien de surprenant et de nouveau jusqu’ici, sauf que ce qui ressemble à une légère et séduisante émulation pour certains « bien établis » du vase clos est en réalité une quantité considérable d’initiatives, d’actions, de propositions venues d’un nombre à croissance exponentiel de personnes et d’organisations. Toutes ces gouttes d’eau dans l’océan économique actuel convergent dans la même direction et forment aujourd’hui une marée qu’aucun grand groupe industriel ou collectivité territoriale ne peut ignorer aux risque de se faire submerger et de disparaitre telle une cité d’Ys.  marée

Une démarche axée sur les résultats et non sur les formes tout en préservant l’humain et la nature.

C’est ce qui se passe dans ce nouvel écosystème en pleine croissance capable bientôt (parfois même déjà capable) de rivaliser avec l’ancien fonctionnement. Surtout ne taxez pas ces nouveaux explorateurs et navigateurs du développement durable d’utopistes, ils vous diront qu’ils le sont car l’utopie n’est pas l’irréalisable mais l’irréalisé. A l’image des résultats obtenus par MakeSense en seulement 3 ans c’est le pragmatisme de l’entreprise sociale qui sert de fil rouge. Cela fonctionne tellement bien que, pareil à un nouvel organisme performant dans un écosystème, ils essaiment leur réussite insolente et produisent de nouvelles entités toujours plus innovantes: c’est le cas de Future of Waste (l’avenir des déchets) qui se tient  en « lance roquette » des innovations de l’économie circulaire.
Nous pourrions également mettre en valeur Le DARWIN Eco-Système aux impacts multi-dimensionnels situé  Bordeaux qui devrait inspirer nombres d’esprits avisés.

Maintenant il ne tient qu’à vous de vous interroger sur la manière dont vous souhaiter traverser les courants du développement durable et procurer à vos activités un avantage stratégique concret tout en étant sincèrement et réellement ancré dans la préservation de notre planète bleue.
Pour notre part dans ces méandres, nous suivons régulièrement une pensée de Boris Cyrulnik pour nous éviter de sombre dans le cynisme:

 » La pensée facile consiste à choisir son camps, accumuler les savoirs et ignorer l’autre coté. Il s’ensuit une boiterie logique qui donne une image hémiplégique »

Retrouvez Efficience C&C sur notre site Internet

Conseil et assistance aux entreprises, aux collectivités et aux organisations, conception de stratégies d’innovations durables. Nos solutions de d’audit/diagnostic, de scenario et de modélisation transforment pour nos clients, leurs stratégies de développement. Les solutions collaboratives d’ Efficience C&C permettent de promouvoir l’innovation sociale, environnementale et économique et offrent de nouvelles opportunités  d’améliorer la performance des modèles économiques et productifs.

Site internet

Publicités

L’économie circulaire à Marseille: Utopia Mars 1

Utopia Mars 1 N0Utopia Mars 1(1)Utopia Mars1  N2(1)

 

Utopia Mars 1N3(4)Utopia Mars 1 N4(4)Utopia Mars 1 N5.0(2)Utopia Mars1 N5(2)Utopia Mars 1 N5.1(6)Utopia Mars 1 N6Utopia Mars 1 N7(2)

L’entreprise résiliente pour conquérir l’avenir du développement durable

Les entreprises résilientes sont conçues ou adaptées pour anticiper les conséquences négatives des crises sur l’ensemble de leurs activités. L’innovation dans la structure et la conduite de l’entreprise permettent de réduire l’impact économique, social et écologique des crises sur l’activité.
L’adaptation et la prospective sont des voûtes clés de l’entreprise et de sa réussite depuis toujours, les lois de la nature s’appliquent également aux activités économiques, alors nous citerons encore et toujours Charles DARWIN: 

« Ce ne sont pas les plus forts qui survivent, ni les plus intelligents, mais ceux qui sont les plus rapides à s’adapter au changement »

Le monde tourne ainsi depuis 3,8 milliards d’années…

Voici une approche par la résilience, qui a été développée dans le cadre de la mise en place d’une politique d’adaptation aux changements climatiques.

Les 6 principes de la résilience qui y sont définis sont :

 homéostasie : des boucles multiples de rétroaction pour contrer les perturbations et stabiliser le système ;
omnivore : la vulnérabilité est réduite par la diversification des ressources et des moyens ;
flux rapide : des mouvements des ressources rapides à travers le système assurent la mobilisation de ces ressources pour faire face aux perturbations.
niveaux hiérarchiques faibles : afin de mettre en œuvre rapidement des réponses très locales non standard.
capacité tampon : capacités centrales sur-dimensionnées de telle sorte que les seuils critiques soient moins susceptibles d’être franchis
– Redondance : les fonctions se chevauchent, et un relais peut ainsi être assuré si certaines échouent.

 Wardekker J. et al. (2010) “Operationalising a resilience approach to adapting an urban delta to uncertain climate changes”, Technological Forecasting and Social Change 77: 987-998 adn2

 

L’entreprise résiliente, l’entreprise intelligente

L’entreprise intelligente  n’est  pas une compilation d’objets techniques et de technologies ! C’est un organisme vivant d’interdépendances fonctionnelles visant à satisfaire des usages et des services quand tout va bien et également en temps de crises. Comment assurer une continuité des flux dans l’entreprise lors d’une grève générale des parties prenantes ? Quand il y a pénurie de matière première? Une crise nationale ou internationale? L’arrivée brutale d’une concurrence exponentielle? Comment gère-t-on clients et collaborateurs ? Cette capacité d’adaptation et d’anticipation c’est ce que l’on appelle la « résilience » ,  une capacité à dépasser le traumatisme qui s’est produit, pour garantir une continuité minimale des services à un moment donné.
Par obligation l’entreprise intelligente est également une entreprise « frugale », qui optimise ses dépenses en énergie et offre davantage de services, tout en étant moins dépensière, par l’optimisation des infrastructures déployées.

Pour propulser l’entreprise intelligente il faut une forte dose d’innovation économique, sociale et  environnementale. En conjugaison, il faut investir du temps à créer ces espaces collaboratifs, afin de mieux cerner les solutions techniques à installer et déployer.

Pour continuer dans  la métaphore de l’entreprise organisme vivant, il est primordiale de considérer le collaborateur comme le cœur de cet organisme vivant.

Il est le porteur d’une identité de l’entreprise et constitue son ADN. En se basant sur des principes de biologie et par biomimétisme, nous devons prioriser deux axes: l’interdépendance et la mémoire.  A l’échelle biologique humaine, nulle cellule n’existe par elle-même, la règle est valable dans le fonctionnement d’une entreprise. Les collaborateurs sont interdépendants et l’entreprise n’existe que par eux.  C’est est une entité d’agrégation où l’on travaille les uns par rapport aux autres. Si la résilience réorganise les services de l’entreprise, comme une réponse agile suite à une crise financière, l’interdépendance représente les liens qui lient les salariés les uns aux autres. Cette notion ne peut pas s’envisager selon la mémoire.
Une entreprise est liée à son histoire, son territoire, son secteur d’activité, son économie. Toute entreprise a une identité propre et unique. On constate aisément que l’on ne peut pas appliquer les mêmes solutions pour chaque entreprises. Les fonctionnalités et échanges entre entreprises n’ont jamais autan évoluées que ces 10 dernières années. Lorsque l’on conçoit l’entreprise intelligente, il faut tenir compte de cette évolution. Il faut s’immerger dans le l’organisme vivant et le comprendre avant de proposer des solutions. L’entreprise intelligente est « user-centric ».

Cette adaptation d’entreprise passe par de la formation, de la communication, de la stratégie… Mais il y a bien plus en jeu. Cela nécessite une approche culturelle différente par rapport à la technologie. La voie de l’adaptation passe par la discipline du  design applicatif. Les « designers d’applications » créeront le lien vaquant entre les usages et les services de cette entreprise post moderne avec les objets techniques indispensables pour solutionner le challenge.

L’exemple des conciergeries d’entreprise est à relever car en « designant » ce nouveau service l’acceptabilité s’est faite naturellement. Nous pourrions citer également le télétravail déployé (encore trop peu usité dans les entreprises françaises) ou la mise en œuvre des réseaux sociaux d’entreprises.

Plus surprenant encore, l’exemple de l’holacratie en entreprise :
la société Zappos supprime  les postes de managers et opte pour l’holacratie, une expérience qui s’appuie sur les travaux de Brian Robertson : sur le modèle de l’holacratie, les mécanismes de prise de décision seront distribués au sein d’équipes auto-organisées et dont les rôles se chevauchent, à l’instar de cellules biologiques à la fois autonomes et dépendantes de l’organisme qu’elles constituent.

Alors quels sont les outils et méthodes à notre disposition? innovation-624x414

Biomimétisme: l’innovation qui vaut de l’or vert!

Il s’agit d’une ingénierie inspirée du Vivant qui cherche à tirer parti des solutions et inventions produites par la Nature (les écosystèmes, les services écosystémiques) ; solutions sélectionnées parmi de nombreuses autres depuis 3,8 milliards d’années, efficace d’échelles nanométriques aux échelle macroscopiques et écosystémiques. -> WIKIPEDIA

D’après une étude réalisée par le Fermian Business and Economic Institut de l’université de Point Loma de San Diego en 2010, l’estimation de l’impact financier global du biomimétisme est évalué à 100 milliards de dollars en 2025.

Technologie?
Le monde du vivant, efficace depuis 3,8 milliards d’années, est invitation à l’innovation sans limite. La bardane une plante qui  a inspirée le Velcro Les feuilles du Nymphéa ne sont jamais mouillées, elle se développe sur l’eau. En mimant la microstructure de leurs surfaces, des verres autonettoyants ont été créés. Le nez du Shinkanzen, le TGV japonais, s’inspire du bec du martin pêcheur Le Gecko aux pattes ultra-adhérentes à permis l’innovation des pneus neige ultra-adhérants. Le nez du Shinkanzen, le TGV japonais, s’inspire du bec du martin pêcheur. Des immeubles construits sur le modèle des termitières géantes pour bénéficier d’une climatisation passive.
Imiter les structures est une étape. La suivante serait d’imiter les procédés naturels de fabrication qui ne produisent pas de déchets pour des matériaux aux capacités et fonctions extraordinaires.

Organisation, management?
Pour le entreprises résiliente l’enjeu est :

  • De produire, interagir, vivre ensemble
  • De s’inscrire dans un système de plus en plus complexe à appréhender
  • De trouver des sources d’inspiration, de motivation, d’innovation

Depuis le début de son histoire le monde du vivant s’est constamment adapté et amélioré. L’humanité ne représente qu’une infime partie de cette très longue histoire du vivant. Les organismes naturels ont élaboré des stratégies d’évolution et de transformation complexes, performantes et durables.

Les fourmis (animaux chers à l’écrivain Bernard Werber) ces insectes sociaux sont présent depuis 400 millions d’années, un temps significativement supérieur au notre. Force est de constater qu’il y a  un intérêt à comprendre comment elles travaillent et s’organisent pour une telle efficacité et durabilité. Une fourmi possède  10 secondes de mémoire, elle a donc besoin d’être en constante interaction  avec ses congénères collaboratrices pour définir sa tâche et obtenir des indications sur la suite. Riez des fourmis !!! Sans contrôle ni centralisation, elles ont inventé l’agriculture et la maison passive.

fourmi

Récemment les chercheurs ont découvert l’un des principes biologiques de la nature : les espèces vivantes collaborent dans un cadre qui peut être concurrentiel. La collaboration est prédominante bien que la compétition émerge à certains moments de l’année comme en période de reproduction. Les oiseaux peuvent être très compétitifs dans leur approche des territoires et également des partenaires efficients en période de crise. En hiver,leur comportement privilégie  la collaboration pour constituer des réserves et rechercher de la nourriture. Ce modèle de partage permet la survie du plus grand nombre. Une approche qui devrait intéresser quelques uns d’entre nous, nous les humains…

Regardons maintenant du coté du fonctionnement symbiotique.
Que peut nous apporter l’observation de la symbiose entre un arbre et un champignon (la mycorhize) ?

Car il y a échange entre ces deux espèces vivantes. L’arbre est capable de sécréter des sucres grâce à la photosynthèse, le champignon en est incapable. Le géant fournit alors au petit des sucres excédentaires. Le champignon qui possède une  surface d’absorption due au mycélium bien plus importante est en capacité de chercher plus loin l’eau et les sels minéraux dont l’arbre a besoin. Il lui les transmet.
Un modèle « gagnant-gagnant » terriblement efficace.

Plus poussé dans la symbiose, ce modèle s’étend. Le réseau de champignons collaboratifs est optimisé, une solidarité se développe entre petits et grands arbres. Grâce au système et réseau de mycélium, de grands arbres fournissent leurs sucres excédentaires aux plus petits arbres.
A notre niveau social, on pourrait comparer à l’économie collaborative en entreprise ou encore aux allocations familiales.

3ème niveau de ce processus : un échange qui se réalise entre des espèces différentes. L’échange s’opère selon les fluctuations climatiques que l’arbre est capable de supporter. Les arbres les mieux portant diffusent leurs éléments aux arbres les plus fragiles en temps de nécessité
On peut encore transposer cet exemple au design systémique en entreprise ou  à notre sécurité sociale.upcm1

Pour l’entreprise, les procédures rigides et codifiées ont fini leur cycle

Jugaad, c’est un mot hindi exprimant la « débrouillardise ou capacité ingénieuse d’improviser une solution efficace dans des conditions difficiles ». En France, on parle plus volontiers d’innovation frugale que de bidouillage ou débrouille, certainement par effet de notre légendaire posture prétentieuse à la française.

JUGAAD ->Navi Radjou, coauteur de L’Innovation Jugaad. Redevenons ingénieux ! (Diateino)

Pour synchroniser  l’économie collaborative, l’économie circulaire et le mouvement des « makers«  et des fab labs, l’innovation frugale chamboule les codes! Bienvenue dans l’adaptation des habitudes de travail et des postures managériales dans les entreprises. Pour rester en vie les entreprises doivent radicalement changer leur conception de modèles et leur méthode de fonctionnement, elles doivent évoluer pour suivre, elle doivent être résiliente. Aujourd’hui c’est le règne de la diversité, de la rareté, de l’interconnexion, du changement mondialisé, qui domine. La période actuelle est marquée par une évolution rapide des valeurs ainsi que des modes de vie et consommation, conjuguée à une banalisation des déplacements des populations et à la progression constante des nouvelles technologies. Une période de profondes mutations apparait, de nouvelles économies (durable, circulaire…) émergent.
Dans ce contexte, notre époque se révèle favorable à une dynamique d’innovation responsable et durable.

 

Retrouvez Efficience C&C sur notre site Internet

Conseil et assistance aux entreprises, aux collectivités et aux organisations, conception de stratégies d’innovations durables. Nos solutions de d’audit/diagnostic, de scenario et de modélisation transforment pour nos clients, leurs stratégies de développement. Les solutions collaboratives d’ Efficience C&C permettent de promouvoir l’innovation sociale, environnementale et économique et offrent de nouvelles opportunités  d’améliorer la performance des modèles économiques et productifs.

Site internet