[#EDD] éducation au développement durable: Mémoire du mal, tentation du bien.

1977 à  2014, cela fait 37 ans que l’éducation à l’environnement fait ou est censée faire son œuvre sur les bureaux et dans les têtes des élèves de France.
On peut apercevoir sur le site internet du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche cette jolie phrase: « L’éducation est un volet essentiel de la stratégie nationale de développement durable. L’EDD fait partie intégrante de la formation initiale des élèves, dans l’ensemble des écoles et des établissements scolaires. »

Commençons par un petit rappel de la progression théorique du développement durable dans l’enseignement.

  • 1977 : une circulaire donne naissance à l’éducation à l’environnement en France
  • 2004 : elle devient l’éducation à l’environnement et au développement durable
  • 2007 : lancement de la deuxième phase de généralisation de « l’éducation au développement durable »
  • 2011 : lancement de la troisième phase de généralisation
  • 2013 : la loi de refondation de l’École fait entrer cette éducation transversale dans le code de l’éducation

Pour l’anecdote, en 2013 nous avions concouru pour un appel d’offre dans les Bouches du Rhône concernant un programme d’initiation au développement durable pour les classes de CP à la 6ème sur 3 ans. Le contenu demandé par le donneur d’ordre se rattachait bien plus aux exigences de 2007 qu’à celle de 2013. Ne parlons surtout pas de l’anticipation et de la projection jusqu’en 2016/2017.

Au delà des dysfonctionnements dus à la structure ultra verticale de l’entité, il est important de relever la volonté forte affichée: former les générations d’aujourd’hui et de demain à résoudre les défis sociétaux qui se présentent. 

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Le poids injuste du cartable

Il y a bien une injustice peu savoureuse qui se présente à nos enfants désignés volontaires d’office pour cette mission.
« Chers élèves, chers étudiants plein d’avenir et débordant d’utopie veuillez réparer dès à présent les erreurs que vos prédécesseurs ont gentiment pris soin de cultiver durant le temps de leurs enrichissements inconscients ».
Si ce fonctionnement déculpabilise quelque peu les pionniers de du développement non durable, que leur procure le fait d’assigner un tel fardeau à leurs enfants? Surtout quand on considère de près le dénouement de la situation:
« Si vous n’y arrivez pas, vous condamnez de facto la génération d’après au mieux à l’exploit et au pire à survivre dans les conséquences irréversibles. »

Effectivement  chez Efficience C&C nous collaborons à la formation des étudiants, lycéens, collégiens au développement durable. Nous tentons de mettre dans leurs mains les connaissances, les savoirs et les savoir-faire qui leur permettront de comprendre ces enjeux sociétaux et d’agir sur les défis qui se présentent à eux. Ce processus est nécessaire et c’est une fierté doublée d’un grand plaisir pédagogique de participer à cette aventure. Mais évitons au maximum de charger le fardeau de celles et ceux qui construiront le monde de demain.

Formez vos bataillons! Marchons, marchons …

Les énergies, les collaborations, les trésors qui sont déployés pour sensibiliser, former, armer, sublimer ces générations d’élèves sont incroyables. Si un bémol devait être retenu ce serait celui de la disparité de déploiement à l’échelle territoriale (Nous ne proposerons ici aucune échelle de comparaison en Rennes et Marseille). La ligne directrice est tracée, les forces en présence sont mobilisées et le changement est en marche, c’est très bien!
Soulevons quand même le tapis sous lequel on enfouit notre culpabilité, nous percevons alors la réalité du problème et la vérité profonde du défi: construire un modèle qui ne produit pas (ou peu) de problèmes sociétaux aussi délétères qui ceux déjà présents.
Le challenge est bien là, comment fournir les connaissances, les savoirs, les savoir-faire à nos étudiants et élèves pour non seulement résoudre les défis d’aujourd’hui mais surtout ne pas créer les problèmes de demain? Nous n’avons pour l’instant pas une grande certitude sur l’engagement vers cette voie. Il y a quelques personnes, bien trop isolées dans le systèmes, qui déploient avec conviction cette vision non linéaire et « long termiste ».

L’illustration de ce nexus pourrait se faire par l’absence dans les programmes de prise en compte de l’empreinte en eau dans la conception d’empreinte environnementale alors que l’on prône la sobriété de consommation et la sécurisation du bien commun. Il y a encore plus criant: le rapport quasi obsessionnel à l’internet de objets (IoT) ou objets connectés comme solution d’analyse, de pilotage, de dématérialisation.  Nous invitons régulièrement les fans  de cette solution à considérer qu’à l’horizon 2020 80 milliards d’objets connectés couvriront le globe et que pour nourrir cet monstre affamé d’un genre nouveau il faudra un nombre non acceptable de centrales nucléaires ou de champs d’éoliennes démesurés.
Alors, oui l’IoT représente une opportunité de transition, d’analyse de dématérialisation et de pilotage à saisir mais pareil à nos programme d’éducation au développement durable il est impérieux de les éco-concevoir, de propulser un vision du temps long, un fonctionnement circulaire et surtout une synchronisation de nos modèles avec celui de la biosphère.

Sortons du syndrome SNCF

C’est une illustration de la complexité à résoudre des problèmes avec les pensées qui les ont engendrés que nous aimons utiliser depuis quelques temps.

Exemple: Le TGV, fierté franco-française, ne fonctionne pas sur un modèle rentable, c’est un secret de polichinelle aussi vieux que ses couleurs oranges d’origines qui fait surface aujourd’hui. La direction est alors sommée de fournir de solutions. On déploie des énergies, du temps, des intelligences, de l’argent pour accoucher de: « Augmentation des tarifs usagers » (l’innovation disruptive fait des ravages chez nos fleurons?). Alors que le pouvoirs d’achat des individus s’étiole et que le co-voiturage via des plateforme ou des sites internets représente un solution agile, reproductible, adaptable la SNCF s’alourdit  le modèle en faisant supporter économiquement son manque de réponse aux usages par les usagers eux-mêmes.

37 ans d’éducation au développement durable, il est certainement venu le temps de la maturité. Mieux il est venu le temps de le ranger au musée de l’éducation nationale aux cotés des autres matières enseignées aux 19e et 20e siècles que l ‘on regarde aujourd’hui avec sourire. Les générations que nous formons actuellement sont bien assez intelligentes pour concevoir les enjeux sociétaux non pas comme des erreurs à réparer dans l’urgence mais bien plus comme l’opportunité de construire pour les autres générations sans créer des problèmes majeurs semblables aux défis qu’ils affrontent.
Pour cela il est nécessaire de décloisonner, d’éviter la verticalité et les silos de fonctionnement, la transdisciplinarité ne doit pas être  mise en marge et surtout une confiance réelle doit être investit dans les apprenants. Si l’on crowdsourçait les élèves et étudiants (le crowdsoursing est à la mode sauf à la SNCF?) vous pouvez être assurés qu’ils vous feront préférer le train et les modes de transport à faible impact environnementaux.

Puisque nous parlons de voyage, c’est Saint-Exupéry qui nous apporte le sourire de la fin:

Quand tu veux construire un bateau, ne commence pas par rassembler du bois, couper des planches et distribuer du travail, mais réveille au sein des hommes le désir de la mer grande et belle

Antoine de Saint-Exupéry

Textes de référence de l’ EDD

Démarche globale de développement durable dans les écoles et les établissements scolaires (E3D) – Référentiel de mise en œuvre et de labellisation
Note de service n° 2013-111 du 24 juillet 2013

Troisième phase de généralisation de l’éducation au développement durable
Circulaire n° 2011-186 du 24 octobre 2011

Instructions pédagogiques – éducation au développement et à la solidarité internationale
Note de service n° 2008-077 du 5 juin 2008

Seconde phase de généralisation de l’éducation au développement durable (EDD)
Circulaire n°2007-077 du 29 mars 2007

Généralisation d’une éducation à l’environnement pour un développement durable – rentrée 2004
Circulaire n° 2004-110 du 8 juillet 2004

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Conseil et assistance aux entreprises, aux collectivités et aux organisations, conception de stratégies d’innovations durables. Nos solutions de d’audit/diagnostic, de scenario et de modélisation transforment pour nos clients, leurs stratégies de développement. Les solutions collaboratives d’ Efficience C&C permettent de promouvoir l’innovation sociale, environnementale et économique et offrent de nouvelles opportunités  d’améliorer la performance des modèles économiques et productifs.

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Analyse du cycle de vie d’un produit, d’un service, d’un procédé et responsabilité environnementale des entreprises. L’étape incontournable.

Toutes les entreprises ont un besoin croissant d’ intégration et d’application de démarches en responsabilité sociale et environnementale. Cela deviendra bientôt une obligation, car l’état, les collectivités territoriales et surtout l’union Européenne (par déclinaison de cahiers des charges, de normes, de labels, durcissement des lois…) imposent régulièrement aux entreprises d’appliquer de nouvelles directives.

On observe des exigences de plus en plus précises dans les appels d’offres destinés aux entreprises. Si on prend le temps d’anticiper les futures évolutions des démarches en développement durable et RSE, on s’aperçoit qu’une augmentation exponentielle de ces exigences est inéluctable.

L’analyse du cycle de vie devient ainsi un outil incontournable qu’il faut impérativement comprendre et maîtriser. Cependant son approche et son intégration restent complexes pour la majorité des décideurs d’entreprises. Nous allons vous éclaircir cet horizon.

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L’ analyse du cycle de vie (d’un produit, d’un objet, d’un service, d’un procédé…) s’établit sur les notions de développement durable que nul ne peut plus  renier. Cette analyse fournit un outil efficient et une méthode systémique d’évaluation des pressions et impacts environnementaux du système étudié.

But fondamental:

Suivant la pensée globale de cycle de vie, les cycles de vie sont caractérisés par une double alternance : une alternance de phases et une alternance de générations et s’intègrent dans deux sphères. L’es objectifs sont clairs :

  1. Réduire la pression sur les ressources naturelles de l’écosphère et sur les ressources de la technosphère.
  2. Réduire, voir annuler, l’impact environnemental.
  3. Permettre, par un fonctionnement circulaire, le retour de matières premières et la réalimentation en ressources naturelles (Système Cradle to Cradle).

Cette volonté perdure tout au long du cycle de vie, de l’extraction de matières premières à la fin de fin (mise en décharge, recyclage, réutilisation…).

Définissons l’écosphère, la technosphère et les flux associés.

L’analyse du cycle de vie consiste à inventorier tous les flux à l’intérieur et à l’extérieur d’un système d’étude. Les flux constitutifs se décomposent en deux sphères interconnectées.

  • L’écosphère est l’environnement naturel global, elle englobe la technosphère et donc elle est la source de toutes matières premières et le réceptacles des déchets de la technosphère.
  • La technosphère représente l’ensemble des activités, produits, services humains (production, transformation, consommation).

Tout système étudié dans une analyse de cycle de vie est décomposé en processus élémentaires et chaque processus élémentaire reçoit et émet des flux.

  • Les flux élémentaires sont en provenance (ressources naturelles) ou à destination (déchets) de l’écosphère.
  • Les flux économique sont en provenance (flux intrant) ou à destination (flux extrant/produit) de la technosphère.

Idéalement, seuls des flux élémentaires devraient entrer et sortir du système étudié, les flux économiques ne devraient que servir à joindre les processus élémentaires entre eux (hormis le produit final qui est un flux économique qui sort du système). Cependant ceci nécessiterait de prendre en compte trop de sous-système comme ceux qui servent à produire de l’électricité nécessaire à un processus élémentaire.

Par conséquent, il est fréquent que des processus élémentaires soient simplifiés comme des processus économiques dont on connaît les impacts environnementaux agrégés (impacts globaux).

Comment traduire tout cela en données mesurables, compréhensibles et donc agir sur le cycle de vie avec l’objectif de développement durable ?

L’analyse de cycle de vie comprend deux grandes étapes (composées de plusieurs sous étapes) que vous trouverez, si le courage vous porte dans la norme ISO 14040 et toutes ses déclinaisons.

  1. Une procédure d’analyse qui est une suite d’étapes standardisées.
  2. Un modèle de transformations mathématiques permettant de transformer les flux en impact environnemental potentiels. iso 14040

Il est important de comprendre que l’analyse du cycle de vie étudie la fonction du produit. En effet en étudiant que le produit lui-même, il serait difficile de comparer des produits remplissant la même fonction mais de manières différentes.

Exemple: la voiture et les transports en commun dont la fonction commune est de déplacer des personnes mais qui ont des impacts différents.

Il existe deux types d’analyse de cycle de vie:

  1. l’ACV-A: analyse par les attributs, les système à l’étude est composé de processus élémentaires liés par des flux économiques.
  2. L’ACV-C: analyse par conséquences, le système à l’étude est composé de processus élémentaires liés par des flux économiques mais aussi affectés indirectement par le cycle de vie du produit et son changement.

Comment faire pour les entreprises et quels sont les avantages?

C’est évidemment la question qui intéresse tout dirigeant et décideurs d’entreprises, de collectivités, d’associations. Afin d’intégrer et piloter un telle démarche, les solutions ne sont pas obligatoirement coûteuses. La première serait de dédier cette tâche au service de développement durable et RSE de l’entreprise mais toutes les structures ne sont pas adaptées pour un tel investissement. On peut envisager également un travail personnel d’intégration de l’analyse de cycle de vie qu’il faudra compléter par un accompagnement et une formation efficiente adaptée. Enfin, il faut envisager le conseil et l’assistance externalisée si, et seulement si, l’entreprise se trouve renforcée dans son fonctionnement par une intervention qui pérennise la démarche sans rendre l’entreprise dépendante au service externalisé.

Les avantages sont nombreux :

5 FACTEURS de DIFFUSION de L’INNOVATION DURABLE :
1. Avantage concurrentiel
2. Compatibilité aux nouvelles normes, références de consommation
3. Simplicité, facilité d’utilisation
4. Facilité d’essai à moindre coût
5. Visibilité dans l’entourage provoque la diffusion marketing

Il faut aussi prendre en compte l’avantage apporté par cette démarche lors de vos réponses aux appels d’offres et la gestion de l’anticipation des obligations des entreprises et collectivités.

Mais avant toutes préoccupations, c’est l’environnement, la nature et donc les générations futures qui sont les bénéficiaires d’un développement durable, de responsabilité sociale et environnementale entreprise.

Efficience C&C

Bureau d’études et conseils en développement durable, RSE, ESS.

Site internet: http://efficience-c2.wix.com/efficience-c2